3.6

Statique des fluides dans un référentiel galiléen

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Fiche 3.6 — Statique des fluides dans un référentiel galiléen

Thème : L'énergie : conversions et transferts — Semestre : 2 — Chapitre : 3.6

Objectifs

Introduire sur le support concret de la statique des fluides le principe du découpage d'un domaine (volume, surface) en éléments infinitésimaux et de la sommation d'une grandeur extensive (force). Montrer l'intérêt d'un formalisme spécifique — l'opérateur gradient — pour formuler une loi physique de façon universelle. Établir l'équation locale de la statique, l'intégrer dans deux modèles (fluide incompressible homogène, atmosphère isotherme), justifier la poussée d'Archimède et introduire le facteur de Boltzmann dont on affirme la généralité.


1. Forces surfaciques et forces volumiques

Ordres de grandeur : à 1 bar1\ \mathrm{bar}, une force de pression de 1 N1\ \mathrm{N} correspond à 10 cm2\sim 10\ \mathrm{cm^2} ; le poids d'un litre d'eau est 10 N\approx 10\ \mathrm{N}.


2. Résultante des forces de pression sur un volume

Découpage en surfaces élémentaires

On découpe la surface fermée Σ\Sigma délimitant un volume VV en éléments infinitésimaux d'aire dS\mathrm dS. Chaque élément est orienté par la normale sortante n\vec n :

dS=dSn(orienteˊe vers l’exteˊrieur du volume)\mathrm d\vec S=\mathrm dS\,\vec n\quad(\text{orientée vers l'extérieur du volume})

La force de pression exercée par le milieu extérieur sur l'élément dS\mathrm d\vec S est rentrante (le fluide pousse le volume) :

dFp=PdS\mathrm d\vec F_p=-P\,\mathrm d\vec S

La résultante s'obtient par sommation (intégrale surfacique) :

Fp=ΣdFp=ΣPdS\vec F_p=\iint_\Sigma \mathrm d\vec F_p=-\iint_\Sigma P\,\mathrm d\vec S

Utilisation des symétries

La direction de Fp\vec F_p est fixée par les invariances de la répartition de pression :

Évaluation

Lorsque la symétrie réduit le calcul à une seule composante, on se ramène à une intégrale scalaire. Exemple : résultante sur une façade verticale plane de hauteur hh et largeur LL, fluide de masse volumique ρ\rho :

Fx=0hP(z)LdzF_x=\int_0^h P(z)\,L\,\mathrm dz

La résultante n'est pas égale à Pmoy×SP_{\mathrm{moy}}\times S sauf si la pression varie linéairement avec la surface projetée.


3. Équivalent volumique des forces de pression

Passage du surfacique au volumique

Considérons un pavé infinitésimal de côtés dx,dy,dz\mathrm dx,\mathrm dy,\mathrm dz centré en (x,y,z)(x,y,z). La résultante des forces de pression sur les deux faces perpendiculaires à ex\vec e_x vaut :

dFp,x=[P ⁣(xdx2)P ⁣(x+dx2)]dydz=Pxdxdydz\mathrm dF_{p,x}=\left[P\!\left(x-\tfrac{\mathrm dx}{2}\right)-P\!\left(x+\tfrac{\mathrm dx}{2}\right)\right]\mathrm dy\,\mathrm dz=-\frac{\partial P}{\partial x}\,\mathrm dx\,\mathrm dy\,\mathrm dz

soit, en sommant les trois directions et en notant dV=dxdydz\mathrm dV=\mathrm dx\,\mathrm dy\,\mathrm dz :

dFp=PdV\mathrm d\vec F_p=-\vec\nabla P\,\mathrm dV

Force volumique équivalente

La densité volumique de force de pression est donc

  fp=P  \boxed{\;\vec f_p=-\vec\nabla P\;}

C'est l'équivalent volumique des forces de pression : tout se passe comme si chaque élément de volume dV\mathrm dV subissait une force PdV-\vec\nabla P\,\mathrm dV. Ce passage du surficient au volumique par le gradient est universel : il fonde l'écriture locale des lois de la physique.


4. Équation locale de la statique des fluides

Équilibre d'un élément de fluide

En statique, chaque élément de volume dV\mathrm dV est à l'équilibre dans le référentiel galiléen. Il subit :

Le Principe Fondamental de la Statique (PFS) appliqué à l'élément donne :

PdV+ρgextdV=0-\vec\nabla P\,\mathrm dV+\rho\vec g_{\mathrm{ext}}\,\mathrm dV=\vec 0

d'où, après division par dV\mathrm dV :

  P=ρgext  \boxed{\;\vec\nabla P=\rho\vec g_{\mathrm{ext}}\;}

Validité : fluide au repos dans un référentiel galiléen ; gext\vec g_{\mathrm{ext}} est la densité volumique de force par unité de masse (champ de force extérieur par unité de masse). Pour la pesanteur g=gez\vec g=-g\vec e_z (axe zz vertical ascendant) :

dPdz=ρg\frac{\mathrm dP}{\mathrm dz}=-\rho g


5. Statique dans le champ de pesanteur uniforme

5.1 Fluide incompressible et homogène (hydrostatique)

Si ρ=cste\rho=\mathrm{cste} (liquide), on intègre dP/dz=ρg\mathrm dP/\mathrm dz=-\rho g :

  P(z)=P0ρgz  \boxed{\;P(z)=P_0-\rho g z\;}

avec P0=P(z=0)P_0=P(z=0) pression de référence. La pression croît avec la profondeur.

Ordres de grandeur :

5.2 Atmosphère isotherme (modèle gaz parfait)

L'air est supposé gaz parfait à température uniforme T=csteT=\mathrm{cste}. Équation d'état locale : P=ρRTMP=\rho \dfrac{R T}{M} (MM masse molaire de l'air 29 gmol1\approx 29\ \mathrm{g\,mol^{-1}}). On élimine ρ=MPRT\rho=\dfrac{MP}{RT} dans dP/dz=ρg\mathrm dP/\mathrm dz=-\rho g :

dPdz=MgRTP          P(z)=P0exp ⁣(MgzRT)  \frac{\mathrm dP}{\mathrm dz}=-\frac{Mg}{RT}\,P\;\;\Longrightarrow\;\;\boxed{\;P(z)=P_0\,\exp\!\left(-\frac{Mg z}{RT}\right)\;}

Échelle de hauteur : H=RTMg8 kmH=\dfrac{RT}{Mg}\approx 8\ \mathrm{km} à T290 KT\approx 290\ \mathrm{K}. La pression décroît exponentiellement, de même que la masse volumique ρ(z)=ρ0exp(z/H)\rho(z)=\rho_0\exp(-z/H).

5.3 Densité moléculaire

À l'échelle microscopique, P=nkBTP=n\,k_B T (GP) avec nn densité particulaire. La masse d'une molécule est m=M/NAm=M/\mathcal N_A et R/M=kB/mR/M=k_B/m, d'où :

  n(z)=n0exp ⁣(mgzkBT)  \boxed{\;n(z)=n_0\,\exp\!\left(-\frac{m g z}{k_B T}\right)\;}

La densité moléculaire décroît comme un facteur de Boltzmann (cf. §7).


6. Poussée d'Archimède

Origine

Un corps immergé dans un fluide au repos subit, sur sa surface Σ\Sigma, des forces de pression dont la résultante est non nulle car la pression croît avec la profondeur (le bas est plus poussé que le haut). C'est cette résultante qui constitue la poussée d'Archimède : elle n'est pas une force "nouvelle", c'est l'effet global des forces de pression.

Expression

Pour un corps entièrement immergé de volume VV dans un fluide de masse volumique ρf\rho_f uniforme, la résultante des forces de pression se calcule via l'équivalent volumique :

ΠA=VρfgdV  ΠA=ρfVimmergeˊgez  \vec\Pi_A=-\iiint_V \rho_f\vec g\,\mathrm dV\quad\Longrightarrow\quad\boxed{\;\vec\Pi_A=-\rho_f V_{\mathrm{immergé}}\,g\,\vec e_z\;}

Exploitation


7. Facteur de Boltzmann

De l'atmosphère au facteur de Boltzmann

Dans l'atmosphère isotherme, la densité moléculaire s'écrit :

n(z)=n0exp ⁣(mgzkBT)=n0exp ⁣(Ep(z)kBT)n(z)=n_0\,\exp\!\left(-\frac{m g z}{k_B T}\right)=n_0\,\exp\!\left(-\frac{E_p(z)}{k_B T}\right)

Ep=mgzE_p=mgz est l'énergie potentielle d'une molécule dans le champ de pesanteur. On reconnaît le facteur de Boltzmann :

  exp ⁣(EkBT)  \boxed{\;\exp\!\left(-\frac{E}{k_B T}\right)\;}

Généralité (affirmée)

On affirme que ce facteur gouverne la répartition des systèmes microscopiques entre états d'énergie EE : la population d'un état d'énergie EE à l'équilibre thermique à la température TT est proportionnelle à exp ⁣(EkBT)\exp\!\left(-\dfrac{E}{k_B T}\right). C'est une loi universelle de la physique statistique, ici illustrée sur l'atmosphère isotherme.

kBTk_B T comme référence microscopique

À l'échelle microscopique, l'énergie de référence est l'énergie thermique kBTk_B T :

Une énergie d'interaction εkBT\varepsilon\ll k_B T est "thermalisée" (effet négligeable) ; si εkBT\varepsilon\gg k_B T, l'état est figé. Ce critère structure l'analyse de tout phénomène à l'échelle moléculaire.


8. Capacité numérique : atmosphère

À l'aide d'un langage de programmation (Python), on étudie les variations de TT et PP dans l'atmosphère :


9. Savoir-faire exigibles


10. Pièges et points clés